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La Grange

Projet et Manifeste

La Grange de Dorigny devient La Grange, centre de recherches et d’expérimentations. Par cette mutation, elle incarne la possibilité d’un territoire : celui d’un espace libre et ouvert, où chercheurexs et artistes collaborent et imaginent ensemble. Malgré ses allures d’utopie, cette transformation fait écho à une situation bien réelle : celle d’un théâtre localisé sur le campus de l’Université de Lausanne, et par définition, au cœur d’une pensée en mouvement. Cette géographie de départ, en plus d’être une promesse de positionnement critique, fait de La Grange un théâtre « situé ».

L’adjectif « situé », au-delà de de l’aspect géographique, s’inspire de la pensée philosophique de Donna Haraway, qui – avec sa connaissance située* – s’interroge sur les conditions dans lesquelles le savoir scientifique est produit, et, notamment, sur la position de cellui qui en est l’auteurxe. L’hypothèse sera faite ici qu’il en est de même avec le geste artistique. Caractériser et situer les trajectoires artistiques et scientifiques (de qui ? comment ? vers quoi ?) c’est lutter contre leur isolement « hors sol », confronter leur subjectivité et les rattacher au monde.

En adoptant cette approche, La Grange devient ce territoire où artistes et chercheurexs s’interrogent sur un potentiel point de départ objectif, et sur la pluralité de ses compositions, qu’elles soient humaines ou non-humaines.

Concrètement, cela implique l’adoption de nouveaux référentiels pour les artistes et chercheurexs qui seront associéexs à La Grange : – la reconnaissance d’un territoire dont iels sont parties prenantes et interdépendantes ; – la volonté de mettre en réseau leurs savoirs et leurs pratiques ; – et enfin, la volonté d’expérimenter ensemble cette approche en s’appuyant sur les cinq postulats du manifeste pour une rencontre entre les arts et les sciences (ci-contre).

*Situated Knowledges : The Science Question in Feminism and The Privilege of Partial Perspective, Donna HARAWAY, Feminist Studies,
Vol. 14, No. 3, 1988


LA PROGRAMMATION

La programmation s’intéresse à toutes les formes, qu’elles soient expérimentales, radicales, ou traditionnelles, qu’elles soient basées sur le texte, la performance ou l’installation, tant qu’il y a un terrain commun à creuser. Elle propose des collaborations scientifiques associées aux spectacles, des dispositifs d’accueil d’artistes et chercheurexs en résidence, et plusieurs autres espaces de recherches partagés, théoriques ou pratiques, locaux ou internationaux.

À La Grange, nous favorisons le temps long et les passages souterrains, l’éclat des profondeurs et les connections symbiotiques, les virées au grand air et la joie des trouvailles. Nous y mettrons une bonne dose d’énergie et d’engagement et c’est avec beaucoup d’impatience que nous vous attendons à La Grange pour regarder, discuter et partager. Bienvenue !

Bénédicte Brunet et l’équipe de La Grange

MANIFESTE POUR UNE RENCONTRE ENTRE LES ARTS ET LES SCIENCES

1. POUR UNE RECONNAISSANCE MUTUELLE
Une reconnaissance mutuelle dans ce que l’art et la science ont en commun : ce qu’iels accomplissent dans la transformation des fabrications d’existences et des nouvelles représentations et imaginaires.

 

2. POUR UNE RENCONTRE DE DEUX
ENTITÉS AUTONOMES
Ceci pour placer la rencontre au bon endroit : dans sa rencontre avec l’art, la science n’est pas mobilisée pour cautionner le discours des œuvres, le rendre plus crédible. Inversement, l’art n’est là ni pour illustrer, ni vulgariser le propos scientifique. Il s’agit donc de la rencontre entre deux entités autonomes au sein d’un même territoire.

 

3. POUR UN RAPPORT PARTAGÉ
AU RÉEL ET AU FICTIF
Nous prônons ici la reconnaissance d’une part de réel et de fictif dans les deux champs. L’art s’emploie à exercer une métamorphose du monde. Il crée ce qu’on pourrait appeler une expérience du fictif. Ici, le fictif ne s’oppose pas au réel, il le complète. De même, dans la construction de leur réalité, les scientifiques font aussi usage des fictions, des récits et des images. Il est alors moins question de s’accrocher à une réalité que d’en rajouter des couches complexes, multiples. Et ceci, sans remettre en cause la méthodologie scientifique.

 

4. POUR DES PUBLICS ÉMANCIPÉS
Pour reprendre Jacques Rancière, nous considérons les publics comme « émancipés », les laissant libres d’expérimenter nos propositions dans une pleine autonomie, actifvexs dans leur expérience sociale, sans en programmer la réception.

 

5. POUR DES ACTIONS PUBLIQUES ET OUVERTES
Potentiellement, tout ce qui se déroule dans les lieux physiques de La Grange (la salle de spectacle, le foyer) ou les locaux de l’Université de Lausanne (les salles de cours, les laboratoires, etc.) est inclus dans une œuvre plus vaste dont chaque aspect doit être montré et diffusé.