La Grange

Toxicorama

Louis Schild

 

En 2021, les habitantexs du centre-ville de Lausanne découvrent que leurs sols sont lourdement contaminés par des dioxines is-sues de l’ancien incinérateur industriel du Vallon. Cette révélation bouleverse leur quotidien et leur rapport à l’espace urbain. De cette secousse naît Toxicorama, un projet transdisciplinaire où scientifiques, artistes et citoyennexs unissent leurs pratiques pour rendre perceptible l’invisible : la pollution.

Toxicorama se déploie à la croisée de la science, de l’art et du vécu. Il constitue l’une des parties du projet de médiation scientifique Toxic, soutenu par le Fonds national suisse. Sa démarche repose sur une triple enquête citoyenne – biologique, sociale et sensible – dont le fruit prend la forme d’une installation sonore performative, accueillie par La Grange puis par le Festival de la Cité. Ensemble, l’équipe élabore un paysage musical et textuel de la contamination : un territoire d’écoute, de récit et de partage.

À l’origine du projet, une recherche menée par Céline Mavrot, Fabien Moll-François, chercheur·es à l’Unil, et Aurélie Berthet, chercheuse à Unisanté, sur l’histoire de la pollution des sols du Vallon. Leur travail révèle la nécessité d’intégrer les perceptions et émotions des habitantexs pour saisir toute la portée de ce scandale écologique et social. Iels s’associent alors à Louis Schild, artiste sonore ancré dans le quartier, et à Naïké Desquesnes, journaliste de terrain, pour inventer une méthodologie commune. Ensemble, iels font dialoguer entretiens, enregistrements et récits de vie, accompagnéexs de trois enquêteuricexs citoyennexs recrutéexs localement : des résidentexs du Vallon qui habitent le sol contaminé, mais qui sont aussi les « sujets » des politiques publiques.

Toxicorama ne cherche pas à hiérarchiser les savoirs, mais à les faire coexister. Comment un polluant invisible agit-il sur nos gestes, nos pensées, nos liens ? Comment rendre audible ce qui altère silencieusement la santé et les relations sociales ? À travers une approche collective, Toxicorama explore la possibilité de savoirs partagés, à la fois scientifiques et sensibles, où la mesure rencontre l’écoute, et où la recherche noue un dialogue avec une expérience vécue, incarnée, poétique.

 

© Anonyme, Vue générale de la Cité prise depuis l’Hermitage avec la cheminée de l’usine d’incinération du Vallon au premier plan, photographie, 1967, coll. Musée Historique Lausanne. Repro : Atelier de numérisation Ville de Lausanne

Céline Mavrot, politologue – Unil
Fabien Moll-François, historien – Unil et Unisanté
Aurélie Berthet, toxicologue – Unisanté

Institut des sciences sociales (ISS) – Unil
Unisanté

Toxic est un projet de médiation scientifique financé par le Fonds national suisse (instrument Agora) et porté par l’Unil et Unisanté.

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